L’abonnement à News Tank Transitions est payant, merci de respecter la propriété intellectuelle et de ne pas transférer cet article sans autorisation préalable de News Tank Transitions.

« Aujourd’hui, la biodiversité émerge comme un secteur refuge » (C. Sanson, Sienna Investment Managers)

News Tank Transitions - Bruxelles - Interview n°440002 - Publié le -
- +
©  D.R.
©  D.R.

Le Sienna Biodiversity Private Credit Fund, fonds de dette privée dédié à la restauration et à la protection de la biodiversité en Europe, ouvert par Sienna Investment Managers en 2025, a obtenu une garantie de 60 M€ de la part du Fonds Européen d’Investissement (FEI), filiale de BEI Group, le 02/04/2026 : c’est la première fois que l’institution bancaire européenne investit dans un fonds dédié à la biodiversité.

« C’est une marque de confiance de la part du FEI dans notre portefeuille, et de reconnaissance du bien-fondé de notre stratégie  »à impact« , qui vise à attirer des capitaux privés vers la restauration de la biodiversité. Nous sommes les premiers à le faire à cette échelle, et dans notre secteur, celui de la dette privée, et ces soutiens sont absolument capitaux', déclare Claire Sanson, gérante du fonds, à News Tank, le 29/04/2026.

 »Avec cette garantie du FEI, nous pouvons accompagner des projets qui ne disposent pas d’un collatéral très important, par exemple, ou encore des start-ups rentables depuis peu. Actuellement, sur trois dossiers que nous sommes proches de finaliser, en France et en Espagne, l’un bénéficiera de la garantie FEI« , continue Claire Sanson.

 »Aujourd’hui, le financement de la biodiversité relève encore beaucoup du volontariat ; en ce sens, l’élaboration progressive d’une réglementation européenne contraignante constitue une avancée positive, qui amènera progressivement les investisseurs à considérer la biodiversité comme un actif… pas du tout immatériel, d’ailleurs.
Dans l’environnement géopolitique et économique actuel, pour le moins mouvant et incertain, la biodiversité émerge peu à peu comme un secteur refuge : au plan environnemental, c’est certain, et cela devient également vrai au plan économique et financier", conclut Claire Sanson, qui répond aux questions de News Tank, le 29/04/2026.


Le 02/04/2026, le Sienna Biodiversity Private Credit Fund, dont vous êtes la gérante, a obtenu une garantie de 60 M€ de la part du Fonds Européen d’Investissement, filiale du Groupe BEI. Qu’est-ce que cette garantie vous apporte ?

En premier lieu, c’est une marque de confiance de la part du FEI dans notre portefeuille, et de reconnaissance du bien-fondé de notre stratégie « à impact », qui vise à attirer des capitaux privés vers la restauration de la biodiversité. Nous sommes les premiers à le faire à cette échelle, et dans notre secteur, celui de la dette privée, et ces soutiens sont absolument capitaux. Et le fait d’être le premier fonds biodiversité à recevoir cette garantie du FEI constitue également une sorte de validation du rôle de pionnier que nous avons joué, grâce à l’investissement initial de 100 M€ apporté par Malakoff Humanis et La France Mutualiste en 2025.

Cette garantie du FEI nous permet d’accompagner des projets un peu plus « justes ».

Ensuite, cette garantie du FEI, qui couvre jusqu’à 70 % du risque de crédit des emprunteurs, nous permet d’accompagner des projets un peu plus « justes », d’après nos critères. Nous sommes un fonds de dette senior, et nous accompagnons des projets qui devront dégager de la rentabilité, à un horizon de 5 à 7 ans : les entreprises qui empruntent auprès de nous ont généralement déjà une certaine assise, avec un EBITDA de 2 M€ à 30 M€, ce qui en fait déjà de grosses PME (petites et moyennes entreprises) ou de petites ETI (entreprises de taille intermédiaire). Avec cette garantie du FEI, nous pouvons accompagner des projets qui ne disposent pas d’un collatéral aussi important que les autres, par exemple, ou encore des start-ups rentables depuis peu. Actuellement, sur trois dossiers que nous sommes proches de finaliser, en France et en Espagne, l’un bénéficiera de la garantie FEI.

Combien d’entreprises accompagnez-vous ? Et d’où sont-elles originaires ?

Nous examinons près d’une centaine de dossiers par an pour en signer une petite dizaine par an dans les deux prochaines années, et nous avons réalisé 5 investissements, pour le moment : la garantie du FEI, ainsi qu’une deuxième levée de fonds, que nous prévoyons pour le deuxième semestre 2026, nous permettront d’accompagner plus d’entreprises. Géographiquement, nous investissons dans toute l’Union européenne, ainsi qu’en Norvège, en Suisse et au Royaume-Uni, mais toujours en euros.

Au plan sectoriel, nous examinons des dossiers en provenance de tous les horizons. Une part assez importante d’entre eux provient du secteur agro-alimentaire, à différents endroits de la chaîne de valeur -de l’amont, avec par exemple de l’aquaculture, des produits laitiers ou du maraîchage, à l’aval, avec de la restauration au sourcing durable, par exemple. Par ailleurs, nous examinons les dossiers d’acteurs engagés dans différentes démarches -de l’agriculture bio, de l’agriculture régénératrice, et également de l’agriculture conventionnelle en transition. Sinon, nous sommes par exemple présents dans le secteur des alternatives aux produits chimiques et plastiques ou du recyclage, où l’on trouve des entreprises industrielles. Nous sommes présents dans tous les secteurs qui sont en transition également.

Comment évaluez-vous et suivez-vous l’engagement des dossiers en faveur de la biodiversité ? 

Tout comme nous effectuons des due diligences financières et extra-financières, nous faisons effectuer une due diligence extra-financière spécifique à la Biodiversité par le cabinet québecois Habitat, qui analyse et évalue les engagements et les pratiques en faveur de la biodiversité des porteurs de projets. Ces experts nous aident à mettre ensuite en place des indicateurs biodiversité afin de suivre ces engagements dans le temps : ces indicateurs sont volontairement peu nombreux et simples, afin de garantir leur robustesse. Et nous auditons également les pratiques et les résultats sur le terrain. 

Et comment valorisez-vous, en tant qu’acteur financier, les engagements en faveur de la biodiversité des emprunteurs ? 

Les engagements sont pris en compte dans le calcul des taux d’intérêt fixés à l’emprunt, et peuvent monter jusqu’à cinquante points de base, soit 0,5 %, de réduction du taux. 

Le financement de la biodiversité est encore un secteur naissant : comment envisagez-vous son avenir ? 

Effectivement, il reste encore beaucoup de domaines à défricher, avec des innovations que nous suivons avec vigilance, tels que les crédits Nature ou biodiversité, mais qui ne présentent pas encore la maturité et la robustesse suffisante pour nous permettre d’investir. Aujourd’hui, le financement de la biodiversité relève encore beaucoup du volontariat ; en ce sens, l’élaboration progressive d’une réglementation européenne contraignante constitue une avancée positive, qui amènera progressivement les investisseurs à considérer la biodiversité comme un actif… pas du tout immatériel, d’ailleurs. D’autre part, dans l’environnement géopolitique et économique actuel, pour le moins mouvant et incertain, la biodiversité émerge peu à peu comme un secteur refuge : au plan environnemental, c’est certain, et cela devient également vrai au plan économique et financier. 


© News Tank Transitions - 2026 - Code de la propriété intellectuelle : « La contrefaçon (...) est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende. Est (...) un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d'une oeuvre de l'esprit en violation des droits de l'auteur. »

Pour découvrir tous nos contenus, abonnez-vous dès maintenant

Rejoignez notre communauté d’abonnés en choisissant votre formule d’abonnement préférée (mensuelle ou annuelle) ou essayez gratuitement pendant 30 jours.

Découvrir gratuitement pendant 30 jours Nos formules d'abonnement

©  D.R.
©  D.R.