UE : le statut d’« aire marine protégée », une protection encore trop théorique (CCE / rapport)

News Tank Transitions - Brussels - Actualité n°458501 - Publié le -
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©  Wild Wonders of Europe / Zankl
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Le statut d’« aire marine protégée » ne garantit pas une protection efficace. Ces zones ne sont souvent protégées que sur le papier, et l’Europe a peu de chances d’atteindre ses objectifs de conservation marine pour 2030, selon un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne publié le 26 octobre 2026.

L’UE vise à protéger 30 % de ses eaux marines d’ici 2030, dont 10 % en zone de protection stricte. Cependant, les auditeurs ont averti que ces objectifs étaient encore loin d’être atteints. D’après les chiffres des auditeurs, environ 14 % des eaux marines sont classées comme protégées, et moins de 1 % bénéficient d’une protection stricte.

« Si le nombre d’aires marines protégées dans l’UE a certes augmenté, notre audit montre que le véritable défi consiste à garantir leur protection effective », déclare Iliana Ivanova, membre de la Cour chargée de cet audit.

« Pour que les ambitions politiques se traduisent par des résultats concrets pour les écosystèmes marins, nous devons agir plus rapidement, mettre en place des mesures de protection applicables sur le terrain et renforcer la cohérence du réseau dans toutes les mers de l’UE. »

Le rapport met en évidence les éléments nécessaires pour rendre la protection marine efficace dans la pratique, à commencer par un réseau transeuropéen cohérent d’aires marines protégées, des informations standardisées sur les objectifs de conservation et les mesures de protection de chaque zone, ainsi que des solutions innovantes et une mise à l’échelle.

Iliana Ivanova ajoute qu’une protection efficace « nécessite également un financement transparent et durable. Or, le montant consacré spécifiquement aux aires marines protégées à ce stade reste flou. Les financements de l’UE sont répartis entre les programmes LIFE, Horizon Europe, le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture et les Fonds de la politique de cohésion, sans suivi précis des montants alloués à chaque site ».

L’analyse de la Cour des comptes européenne a identifié environ 600 M€ de financement européen alloué à la biodiversité marine pour la période 2021-2027. Cependant, « aucune vue d’ensemble consolidée ne montre quel montant est réellement alloué spécifiquement aux aires marines protégées, ce qui limite la transparence et la planification stratégique », conclut-elle.


Recommandations de la Cour des Comptes Européennes

Encourager la mise en place d’un réseau transeuropéen cohérent d’aires marines protégées

La Commission devrait mettre à profit sa vision d’ensemble pour promouvoir les bonnes pratiques, afin que la désignation des aires marines protégées de l’UE tienne dûment compte des critères écologiques pertinents nécessaires à la mise en place d’un réseau transeuropéen cohérent.

Collaborer avec les États membres pour veiller à ce que la désignation des aires marines protégées s’accompagne de mesures de protection effectivement applicables

La Commission devrait :

  • promouvoir l’utilisation d’informations standardisées sur les objectifs de conservation et les mesures de protection applicables aux aires marines protégées, et les publier sur l’une des plateformes existantes (par exemple le « Natura 2000 Viewer » ou EMODnet, le réseau européen d’observation et de données marines) ou sur une plateforme dédiée au suivi des données ;
  • en coopération avec les États membres, recenser les lacunes, les goulots d’étranglement et les contraintes dans le processus d’adoption des mesures de conservation dans les zones marines protégées où interviennent les flottes de pêche de plusieurs États membres, en vue de le rationaliser ;
  • encourager le recours à des solutions innovantes pour rendre la conservation dans les aires marines protégées plus efficace

Collaborer avec les États membres pour soutenir une véritable transition vers des objectifs environnementaux, des moyens de subsistance durables et des secteurs compétitifs, en encourageant une forte implication des parties prenantes

La Commission devrait aider les États membres à :

  • à recenser et à mettre en œuvre des actions visant à atténuer l’impact socio-économique des mesures de conservation, y compris celles liées aux restrictions de pêche, sur les moyens de subsistance des communautés côtières, tout en promouvant des approches qui renforcent les avantages associés aux zones marines protégées ;
  • dans leurs efforts visant à garantir que les parties prenantes locales soient véritablement associées aux décisions relatives aux aires marines protégées.

Renforcer la gestion adaptative et le suivi des aires marines protégées

La Commission devrait soutenir la gestion adaptative des aires marines protégées sur la base de données cohérentes, notamment en proposant une méthodologie rigoureuse pour évaluer l’efficacité de la gestion.

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