COP15 : « 49 % des populations d’espèces migratrice en déclin et 24 % menacées d’extinction » (UNEP-WCMC)
« 49 % des populations d’espèces migratrices protégées par un traité mondial sont en déclin (592), en hausse de 5 % en seulement deux ans, et 24 % des espèces sont menacées d’extinction (284), en hausse de 2 % », selon une mise à jour intermédiaire du premier État des espèces migratrices du monde de 2024, publiée par le Centre mondial de surveillance de la conservation du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE-WCMC), le 05/03/2026.
Le rapport 2026 est préparé pour la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) et sera présenté lors de la COP15, qui se déroulera du 23 au 29/03, à Campo Grande (Brésil), sous le thème « Connecter la nature pour soutenir la vie ».
« Le rapport intermédiaire suit les changements significatifs dans l’état de conservation des espèces migratrices et met en évidence les tendances émergentes pour fournir de nouvelles informations axées sur :
• Les changements significatifs récents dans le niveau de conservation des espèces inscrites à la Convention sur les espèces migratrices (convention de Bonn) depuis l’année de référence 2024, sur la base des données de la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN Red List).
• Les tendances démographiques nouvellement signalées et les changements dans le risque d’extinction documentés dans la littérature scientifique ».
« Le premier rapport mondial a été un signal d’alarme. Cette mise à jour intermédiaire montre que l’alarme continue de retentir. Certaines espèces réagissent à des mesures de conservation concertées, mais un trop grand nombre d’entre elles continuent à subir des pressions croissantes sur leurs itinéraires de migration. Nous devons répondre à cette évidence par une action internationale coordonnée et efficace », déclare Amy Fraenkel, secrétaire exécutive de la CMS.
Parmi les principales conclusions du rapport 2026 : « 26 espèces inscrites sur la liste de la CMS sont passées à des catégories de risque d’extinction plus élevées, dont 18 oiseaux de rivage migrateurs, tandis que 7 espèces sont passées à une catégorie moins menacée ».
Le rapport souligne « la nécessité d’agir pour améliorer le statut de toutes les espèces migratrices inscrites sur la liste de la Convention, mais plus urgemment pour les espèces inscrites à l’Annexe I de la CMS, où figurent 188 espèces migratrices en danger d’extinction dans la totalité ou une partie importante de leur aire de répartition ».
Ce que dit le rapport 2024 sur l’état des espèces migratrices dans le monde
« Le rapport 2024 sur l’état des espèces migratrices dans le monde a marqué la première évaluation globale des animaux migrateurs, couvrant les 1 189 espèces inscrites à l’époque aux Annexes I et II de la CMS et son analyse liée à plus de 3 000 espèces migratrices supplémentaires », souligne la CMS.
Elle constate que :
- « 70 espèces inscrites sur la liste de la CMS sont devenues plus menacées au cours des trois décennies précédentes, contre seulement 14 dont le statut s’est amélioré.
- Les populations de poissons migrateurs ont diminué de 90 % en moyenne depuis les années 1970 et 97 % des espèces de poissons migrateurs inscrites sur la liste de la CMS sont menacées d’extinction.
- Plus de la moitié des zones clés pour la biodiversité importantes pour les espèces inscrites sur la liste de la CMS n’avaient pas de statut protégé ».
« 386 des 1 189 espèces inscrites sur la liste de la CMS ont été réévaluées depuis l’analyse de 2024.
»Depuis l’analyse précédente, qui utilisait la version 2022-2 de la Liste rouge de l’UICN, 386 des 1 200 espèces inscrites sur la liste de la CMS ont été réévaluées, à l’exclusion des espèces inscrites à la COP14« , précise la mise à jour intermédiaire.
»Un examen plus approfondi des changements survenus au sein de ce groupe d’espèces réévaluées peut fournir des indications précieuses sur les changements de l’état de conservation.«
La situation exposée par le rapport 2026
»Le nombre total d’espèces mondialement menacées figurant sur la liste de la CMS s’élève désormais à 284, soit 24 % de toutes les espèces inscrites sur la liste de la CMS, ce qui représente une légère augmentation par rapport aux 22 % signalés dans le premier État des lieux« , indique le rapport.
En revanche, »7 espèces inscrites sur la liste de la CMS ont vu leur état de conservation s’améliorer depuis 2022. Il s’agit notamment de quatre espèces d’oiseaux qui sont passées de la catégorie « Quasi menacée » à la catégorie « Préoccupation mineure »« .
Changements dans les tendances démographiques : »592 espèces ont une population en baisse« (49 %)
»Cela indique que de nombreuses espèces qui étaient auparavant considérées comme stables sont en fait en train de diminuer ; il est important de noter que le nombre d’espèces considérées comme ayant une tendance « inconnue » est resté à peu près constant« .
Considérées dans leur ensemble, »ces statistiques actualisées présentent un tableau inquiétant : le nombre total d’espèces inscrites sur la liste de la CMS dont la population a tendance à diminuer s’élève maintenant à 592, soit près de la moitié (49 %) de toutes les espèces inscrites sur la liste de la CMS, contre 44 % dans l’État des espèces migratrices dans le monde« .
En bref
Selon le rapport intermédiaire :
• 592 espèces sont en déclin (49 %) ;
• 307 espèces sont stables 26 %) ;
• 152 espèces sont en augmentation 13 %) ;
• le statut de 149 espèces est inconnu ou n’a pas été évalué (12 %).
Progrès récents dans l’identification et la protection des sites critiques
»De nombreuses espèces migratrices dépendent d’un réseau de zones et de sites distincts qui fournissent des habitats de reproduction, d’élevage, d’alimentation ou d’escale d’une importance vitale. Cette section fournit un résumé des progrès récents dans l’identification et la protection des sites critiques pour les espèces inscrites sur la liste de la CMS au niveau mondial, en s’appuyant sur une analyse menée pour le premier état des espèces migratrices dans le monde« .
»S’attaquer à la perte, à la dégradation et à la fragmentation des habitats importants pour les espèces migratrices est également crucial pour atteindre de multiples objectifs inclus dans le Cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal« , souligne le rapport.
De nombreuses approches ont été développées pour identifier les zones importantes pour la biodiversité au niveau mondial. Il s’agit notamment de :
- les zones clés pour la biodiversité (KBA), développées en tant qu’approche globale pour identifier les sites importants pour tous les groupes taxonomiques, les écosystèmes, l’intégrité écologique, les processus biologiques ;
- d’autres initiatives spécifiques de portée mondiale, telles que les zones importantes pour les mammifères marins (IMMA), les zones importantes pour les requins et les raies (ISRA) et les zones importantes pour les tortues marines (IMTA).
»Sur les 1 189 espèces inscrites sur la liste de la CMS, 782 (65 %) ont eu au moins un site ou une zone importante reconnue par une ou plusieurs de ces initiatives au moment de la rédaction de ce rapport (septembre 2025). Sur les 16 589 KBA qui ont été reconnues au niveau mondial à ce jour, 9 372 (56 %) ont été identifiées comme étant importantes pour 718 (60 %) des 1 189 espèces inscrites sur la liste de la CMS« .
Progrès récents dans la cartographie des voies migratoires
»La cartographie des voies de migration dans le monde est une étape cruciale pour garantir que les populations migratrices puissent continuer à accéder en toute sécurité aux zones vitales de reproduction, de recherche de nourriture et de repos dont elles ont besoin pour survivre.
Les cartes de migration établies à partir de données de suivi empiriques permettent aux animaux migrateurs eux-mêmes de nous indiquer les aires de répartition ou les corridors saisonniers les plus importants au cours de leur cycle de vie.
L’essor récent de la recherche sur le suivi des animaux a considérablement amélioré l’état des connaissances dans ce domaine, en permettant de cartographier les itinéraires de migration avec un niveau de détail sans précédent et en facilitant la découverte de voies migratoires jusqu’alors inconnues« .
Le rapport souligne trois initiatives »qui ont été à l’avant-garde des efforts récents pour cartographier les migrations « :
- l’Initiative mondiale sur la migration des ongulés (GIUM), un module de l’Atlas des migrations de la CMS ;
- le système Migratory Connectivity in the Ocean (MiCO) ;
- et les voies de migration marines identifiées par BirdLife International ».
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